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Valentino Marra

Trente ans d'entrepreneuriat.Quinze ans d'IA. Et une seule leçon.La technologie n'a jamais été le problème.Voilà d'où je vous parle.

Je ne suis pas un consultant en IA arrivé avec la vague. Je suis un entrepreneur qui la pratique au quotidien depuis des années.

Ça fait plus de quinze ans que je travaille sur ces technologies. Machine learning, traitement du langage, big data : c'était déjà ça, avant que tout le monde en parle. Et pourtant, ce n'est pas ce qui compte.

Ce que j'ai appris en trente ans d'entrepreneuriat, c'est que le problème n'est jamais la technologie. La technologie est mûre, elle est disponible, elle fonctionne. Le problème, c'est l'adoption. Il y a un fossé entre ce que ces outils savent faire et ce que les entreprises en font. Ce fossé, personne ne le comble à votre place.

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1987 : je décide avec un budget réel

Est-ce que le type en face a déjà eu la trésorerie qui tremble un 28 du mois ? Moi oui.

J'ai ouvert ma première entreprise à 19 ans, pendant mes études. Une brasserie à Bruxelles, ouverte 24 h/24, 7 j/7. Onze salariés. Des fournisseurs à payer, des stocks à tenir, une paie à sortir tous les mois, un crédit à rembourser. Je l'ai tenue six ans avant de la revendre.

C'était aussi ma première levée de fonds, auprès d'une banque et d'investisseurs privés. À 19 ans, avec un dossier sous le bras. Je précise ça parce que c'est le seul truc qui compte quand on s'assoit en face d'un dirigeant : est-ce que le type en face a déjà eu la trésorerie qui tremble un 28 du mois. Moi oui. Beaucoup de gens qui vous vendent de l'IA aujourd'hui, non.

1997 : douze ans à traduire la technologie

Je vends des sites à des gens qui n'ont pas Internet chez eux.

En 1996, dans un studio d'enregistrement, quelqu'un me montre Internet. Je comprends tout de suite. J'arrête tout, j'achète un Mac, j'achète des livres, et j'apprends à programmer seul dans mon appartement.

Un an plus tard, je lance ClickToWeb. Je vends des sites à des gens qui n'ont pas Internet chez eux et qui, pour certains, n'en ont jamais entendu parler. Je construis mon premier logiciel en ligne, un système de gestion de contenu, quinze ans avant que Wix n'existe. J'ai tenu cette agence douze ans, avec deux clientèles qui n'avaient rien à voir.

D'un côté, des centaines de TPE et de PME. C'est là que j'ai appris qu'on ne parle pas à un opticien comme on parle à une entreprise de BTP, et que le besoin d'un dirigeant ne ressemble jamais à celui du voisin. L'adaptabilité est reine, et le catalogue de solutions toutes faites ne sert à rien.

De l'autre, des grands groupes médias, des instituts de sondage, des agences de pub, et le Parlement européen. C'est là que j'ai appris la rigueur : le cahier des charges, la gestion des risques, la maîtrise d'ouvrage, un plan qui tient sur trois ans. Les deux ensemble, ça donne ce que je fais aujourd'hui. La rigueur d'un grand projet, appliquée à la réalité d'une PME. Sans le poids, sans le jargon, et sans les six mois de comité de pilotage.

2010 : je change de monde

Machine learning, traitement du langage. C'est là que je rencontre l'IA.

Je bossais pour un grand institut de sondage. Ils n'ont pas vu venir les printemps arabes. Personne ne les a vus venir. Et pour cause : tout se passait sur les réseaux sociaux, et personne ne regardait là.

Je suis rentré chez moi et j'ai cherché comment on aurait pu les voir venir. Je ne connaissais rien au machine learning ni au traitement du langage. J'ai appris. J'ai trouvé les bonnes personnes. J'ai construit une maquette qui lisait Twitter en temps réel, classait les Tweets par thème et par sentiment, et sortait un volume à l'écran. Je l'ai montrée à mes clients. Ils avaient plusieurs prestataires informatiques et n'avaient jamais rien vu de tel. Ils n'ont pas voulu me l'acheter. Ils ont voulu créer la boîte avec moi.

C'est devenu Vigiglobe. Deux millions d'euros levés, une équipe de 10 personnes et des freelances, des clients comme CBS News, l'Eurovision, Wimbledon, Coca-Cola, TF1, JCDecaux, des gouvernements. Sur les points scientifiques les plus durs, je suis allé chercher les laboratoires de recherche publics (INRIA, CNRS). Je ne prétends pas tout savoir, je sais où trouver ceux qui savent. Puis un désaccord de fond avec mes associés, et j'ai vendu mes parts.

2016 : j'accompagne, je construis, j'apprends encore

Des années à regarder des projets caler. Souvent pour la même raison, et ce n'est pas la techno.

Après Vigiglobe, je lance BuildNext. Pendant des années, j'accompagne des startups et des PME sur leurs projets digitaux, et je prends des missions de management de transition dans des groupes plus grands et dans l'industrie.

À force, un schéma revient. Ce qui bloque un projet, ce n'est presque jamais l'outil ni la technologie. C'est une décision qu'on ne prend pas, une priorité mal placée, une équipe qu'on n'a pas embarquée. J'ai vu des budgets partir dans des chantiers que personne n'utiliserait, et des gains évidents rester sur la table faute de trancher.

C'est de là que sont partis mes deux paris suivants.

Deux fois où ça n'a pas marché

Un projet peut être bon, la techno peut être bonne, et ça peut quand même ne rien rapporter.

Cocoon Care : Schneider Electric lance un appel à projets sur l'autonomie des personnes âgées. Je le gagne, avec Cocoon Care : détecter les chutes et les comportements à risque, avec des capteurs radar et du machine learning. Deux millions levés, une R&D menée avec un laboratoire public (CEA). Un super produit, bien au-dessus de ce qui existait. Une équipe au top. Quelques semaines plus tard, la COVID. Nos clients étaient les EHPAD et les hôpitaux. Ils se sont fermés par la force des choses. On a tenu, mais les investisseurs n'ont pas suivi. On a arrêté.

Wattless : l'analyse automatique des diagnostics énergétiques. Un marché sous perfusion de subventions, un gouvernement qui change d'avis tous les six mois. J'ai pivoté.

Je raconte ces deux-là parce que c'est ce qui me rend prudent avec votre argent. Un projet peut être bon, la techno peut être bonne, et ça peut quand même ne rien rapporter. C'est pour ça que je chiffre avant de lancer.

Aujourd'hui

Je vous montre par où commencer avec l'IA.

Je développe des agents vocaux IA avec AlloAgent. C'est en passant chez mes clients que j'ai vu l'écart : la technologie est prête, les entreprises ne le sont pas. Pas par manque d'envie. Par manque de temps, et parce que personne ne leur montre par où commencer.

LexpertIA, c'est ça. Je vous montre par où commencer, je chiffre ce que ça rapporte, et je reste jusqu'à ce que ça tourne. Je viens de la place où vous êtes assis.

Vous ne savez pas par où commencer ?

Moi non plus, tant que je n'ai pas vos chiffres. 5 minutes, un résultat à l'écran. Rien à payer, rien à donner. Aucun engagement.

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